5 vérités que personne n’ose dire sur l’objectivité des médias
L’autre jour, je scrollais Twitter (oui je refuse d’appeler ça X) et je tombe sur ce thread interminable où des journalistes s’écharpent sur la notion de neutralité. Le débat classique quoi. Sauf que cette fois, quelqu’un a lâché une bombe : « De toute façon, l’objectivité journalistique, c’est comme la licorne, tout le monde en parle mais personne ne l’a jamais vue. »
Boom.
Et franchement ? Il a pas tort le gars. Après des années à lire tout et n’importe quoi sur le sujet (et à écrire moi-même des trucs plus ou moins orientés), j’ai quelques convictions sur ce mythe de l’objectivité dans les médias.
La neutralité, cette blague monumentale
Alors déjà, mettons les choses au clair. La neutralité journalistique pure, ça n’existe pas. Même le choix de couvrir un sujet plutôt qu’un autre, c’est déjà un biais. Tu décides de parler de la réforme des retraites plutôt que du nouveau single de Beyoncé ? Bam, tu viens de faire un choix éditorial.
Les journalistes qui prétendent être 100% neutres me font doucement rigoler. Déjà parce qu’ils sont humains (enfin je crois), avec leurs opinions, leurs expériences, leurs filtres cognitifs. Ensuite parce que leur rédaction a une ligne éditoriale, des annonceurs, un lectorat cible. C’est d’ailleurs pourquoi l’émergence de médias indépendants en France représente une alternative intéressante à cette logique traditionnelle.
C’est pas un problème en soi d’ailleurs. Le souci c’est quand on fait semblant que ça n’existe pas.
Le fact-checking, nouveau saint Graal ?
Depuis quelques années, tout le monde se gargarise avec le fact-checking. « On vérifie les faits ! » qu’ils disent. Super. Sauf que vérifier des faits, c’est pas suffisant pour garantir l’objectivité.
| Ce que fait le fact-checking | Ce qu’il ne fait pas |
|---|---|
| Vérifie si une stat est vraie | Questionne pourquoi on a choisi cette stat |
| Confirme des dates/noms | Analyse le contexte global |
| Débunke des fake news évidentes | Remet en cause les angles éditoriaux |
| Attribue des sources | Interroge la légitimité de ces sources |
Tu peux avoir tous tes faits vérifiés et quand même raconter une histoire complètement biaisée. C’est d’ailleurs ce que font la plupart des médias, consciemment ou non.
L’illusion de la balance
Un truc qui m’énerve particulièrement, c’est cette manie de vouloir absolument donner « les deux côtés » d’un débat. Genre tu fais un papier sur le réchauffement climatique et tu te sens obligé d’interviewer un climatosceptique pour « l’équilibre ».
Non mais sérieux ?
Parfois y’a pas deux côtés équivalents. Parfois y’a juste la réalité scientifique d’un côté et des illuminés de l’autre. Faire du 50/50 dans ces cas-là, c’est pas de l’objectivité, c’est de la désinformation.
Les labels de confiance, la fausse bonne idée
Récemment, on voit fleurir des initiatives de labellisation des médias. Des petits badges « média de confiance » ou « information vérifiée ». L’intention est louable mais perso, ça me laisse perplexe.
Qui décide des critères ? Qui attribue les labels ? Est-ce que ça devient pas juste un nouveau système pour légitimer certains médias mainstream tout en marginalisant les voix alternatives ?
J’ai vu des médias labellisés publier des conneries monumentales et des blogs indépendants sortir des enquêtes béton. Le label, c’est pas une garantie d’objectivité, c’est juste… un label.
Le piège de la transparence
Certains médias jouent la carte de la transparence totale. « Voici nos sources, voici notre méthodologie, voici nos biais assumés. » C’est mieux que rien, clairement. Mais ça reste insuffisant.
Parce que même en étant transparent sur tes biais, tu influences quand même ton audience. C’est un peu comme ces sites de paris en ligne (tiens d’ailleurs, si vous cherchez une plateforme sympa pour jouer sur Olympe Casino, c’est pas mal du tout niveau transparence des règles). Ils peuvent afficher tous leurs taux de redistribution, ça change pas le fait que la maison gagne toujours à la fin.
Alors on fait quoi ?
Bon, je vais pas faire le rabat-joie qui dit que tout est foutu et qu’on peut plus croire personne. Ce serait contre-productif (et chiant).
Ce que je crois, c’est qu’il faut arrêter de chercher l’objectivité absolue. Elle existe pas. Point. Ce qu’on peut faire par contre :
Multiplier les sources
Lire plusieurs médias avec des lignes éditoriales différentes. Oui c’est relou. Oui ça prend du temps. Mais c’est le seul moyen de se faire une idée un minimum équilibrée.
Perso je lis autant des trucs de gauche que de droite, des médias mainstream que des blogs obscurs. Et souvent, la vérité est quelque part entre les deux. Ou parfois complètement ailleurs.
Accepter la subjectivité
Les meilleurs journalistes que je connais sont ceux qui assument leurs biais. Qui disent « voilà d’où je parle, voilà mes convictions, et voilà ce que j’ai trouvé ». C’est plus honnête que de prétendre être une machine à objectivité.
L’important c’est la rigueur dans le travail, pas l’absence d’opinion.
Le vrai problème c’est pas l’objectivité
Au final, je pense qu’on se trompe de débat. Le problème c’est pas que les journalistes soient subjectifs. C’est normal, c’est humain, c’est même souhaitable parfois.
Le vrai souci c’est quand cette subjectivité est cachée, déguisée en neutralité absolue. Quand on manipule l’info en prétendant juste la rapporter. Quand on sélectionne soigneusement les faits pour raconter l’histoire qu’on veut raconter.
Les médias ont un pouvoir énorme. Ils façonnent notre vision du monde, influencent nos décisions, orientent les débats publics. Prétendre qu’ils peuvent faire ça de manière totalement neutre, c’est soit de la naïveté, soit de la mauvaise foi.
Alors oui, exigeons de la rigueur. Oui, demandons des comptes. Mais arrêtons de courir après cette chimère de l’objectivité parfaite. Concentrons-nous plutôt sur l’honnêteté, la transparence et la diversité des voix.
Parce que franchement, un paysage médiatique avec plein de subjectivités assumées, c’est infiniment plus sain qu’une poignée de médias qui prétendent détenir la vérité objective.
Voilà. C’était mon coup de gueule du jour. Maintenant je retourne scroller Twitter pour voir qui s’écharpe sur quoi aujourd’hui.